Evaluation des niveaux d'exposition professionnelles

aux hydrocarbures aromatiques polycycliques et des

pathologies cancéreuses associées

Julie HEMON-DELSAUX

Thèse de Médecine, Université Joseph Fourier

Grenoble 1, 2004, 184 p

Equipe Médecine & Santé au Travail

 

Résumé

Les HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) sont une famille de produits responsables de cancers (bronchopulmonaires, cutanés, génito-urinaires, mais aussi gastro-intestinaux et ORL) retrouvés chez la population exposée tant en milieu professionnel qu’en environnement général.

Le but de ce travail est d’étudier en parallèle les niveaux d’exposition aux HAP mesurés dans les entreprises de la région Rhône-Alpes ces dix dernières années en les comparant aux données de la littérature, et de recenser les cas de cancers professionnels imputables aux HAP vus par les médecins du service de Pathologie Professionnelle du CHU de Grenoble.

L’exposition aux HAP passe par l’évaluation de l’exposition atmosphérique et les dosages des marqueurs d’exposition et d’effet aux HAP dans les différents secteurs d’activité. On retrouve les secteurs classiques à forte exposition (électrométallurgie, fabrique d’électrodes de carbone) mais aussi les secteurs à faible exposition comme les fumées de bitume ou les émissions diesel.

En effet, les émanations diesel touchent aussi bien de nombreuses professions que la population générale. Même si les niveaux d’exposition aux HAP sont faibles, la population concernée est importante et donc le risque pour la santé est répandu. La difficulté à imputer le cancer aux HAP vient du fait que l’exposition est souvent multiple : professionnelle, environnementale et tabagique.

L’étude clinique menée au CHU de Grenoble a permis de montrer que l’exposition aux HAP touchait de nombreux secteurs d’activité et dans une plus grande proportion les facteurs dits de faible exposition aux HAP. Si les principaux biais de cette étude sont l’exposition simultanée amiante-HAP et le tabagisme, en outre, on n’a pas de métrologie atmosphérique et biologique pour les patients étudiés. Ceci amène donc à être plus précis encore dans l’estimation des niveaux d’exposition tant atmosphériques que biologiques et à exclure dans la mesure du possible les facteurs de confusion (tabagisme, apport alimentaire de viande grillée ou fumée, chauffage au bois et exposition aux émissions diesel).

 

Mots-clés 

HAP – cancers - niveaux d’exposition atmosphériques et biologiques– exposition professionnelle